La RSE de l’acronyme au management

La RSE, déclinaison Française de la CSR (Corporate Sociale Responsibility) est apparue dans les années 2000, et dès les années 2010 incitées par les certificateurs et guidées par la norme ISO, toutes les directions générales des groupes se mobilisaient pour avoir un directeur en charge de la RSE. Créer une organisation pour répondre à une question, vieille habitude française, a permis néanmoins d’observer des grandes entreprises repenser le positionnement stratégique et de voir fleurir des initiatives.

Mais toute cette période a permis aussi de voir les limites dans les orientations données à la RSE ; entre

  • Des enjeux de pouvoir avec les directions financières, juridiques ou bien encore aux ressources humaines pour s’approprier ce nouveau domaine,
  • Des tentatives de normalisation, de validation quantitative sur une problématique qualitative pour lui donner une légitimité forte,
  • Des enjeux financiers pour les grands groupes confrontés à des marchés mondiaux, une nécessité de s’afficher RSE compatible (travail dissimulé, éthique financière,...)
  • Des enjeux juridiques pour les entreprises avec les contraintes imposées conseils d’administration,

Il est également intéressant de noter que pour certain le « S » était traduit tantôt par Social, version restrictive mais néanmoins préemptées par les DRH et tantôt par Sociétal, permettant aux directions générales (souvent le secrétariat général) de s’emparer du sujet au titre de l’entreprise Responsable au-delà de ses frontières.

La RSE, en empruntant la sémantique sociétal, a engagé les entreprises dans une optique de pallier les insuffisances des pouvoirs publics a relayer correctement son devoir régalien en la matière.

En confiant aux entreprises la Responsabilité sociétale certaines directions RSE ont pris tous les chemins d’opportunités : notamment ceux de la diversité, la mixité, du travail des enfants, des problématiques de Santé, l’éthique et les chartes de comportement …..,

Mais d’autres sont restées à l’acronyme RSE. S’afficher RSE compatible, faire du business RSE engagé, devenir RSE éthique,...

Mais derrière l’acronyme se cache la pression exercée sur le management à tenir ses engagements et à les traduire opérationnellement dans la vraie vie de l’entreprise. A partir d’une bonne idée, au final la solution limitée à une verticalisation par la création de services/directions dédies se trouvaient confrontée à une problématique horizontale, transversale  et conduite par le management.

Il faut désormais continuer à passer à l’étape suivante, tuer l’acronyme, repositionner le sens et adapter les  comportements responsables. Ce n’est donc ni une politique réduite à une fonction/direction, ni un simple acronyme, mais plutôt une posture managériale responsable davantage que durable, qui intègre l’engagement la traçabilité, l’éthique la morale et la vision, qu’il convient de valoriser.

Sans compter que la digitalisation modifie profondément les modes de management, en nous imposant une approche différente vis-à-vis des nouvelles générations. « Je m’engage si tu t’engages » devient une réalité managériale. Derrière le discours le manager est « évalué » sur sa capacité à apporter des réponses concrètes au problème.

Comme le disait Confucius, « L’arbre ne choisit pas l’oiseau, c’est l’oiseau, qui choisit l’arbre »(*).

(*) Référence bibliographique : « Le Maître ».

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